L'histoire coloniale au Canada a occasionné d'importantes pertes culturelles pour les peuples autochtones; plusieurs commissions d'enquête en ont fait la démonstration, notamment la Commission de vérité et de réconciliation qui n'hésite pas à qualifier cette dynamique de génocide culturel. Les communautés autochtones sont aujourd'hui extrêmement préoccupées par la sauvegarde de ce qui leur reste en matière de patrimoine culturel. On cherche par tous les moyens à identifier, documenter, protéger, transmettre et mettre en valeur les connaissances, savoir-faire et artéfacts autochtones, mais aussi le territoire dans lequel est ancrée cette culture et dont sont issues ces composantes de la culture, notamment les sites sacrés traditionnels.

Or, les démarches de reconnaissance patrimoniale et l'instauration de statuts de protection pour ces sites sacrés, qui constituent un important mécanisme de protection, sont très complexes et peu connues de nos communautés.

À l'invitation de la Chaire UNESCO en transmission culturelle chez les Premiers Peuples comme dynamique de mieux-être et d'empowerment, des innuat de Uashat mak Mani-Utenam et des atikamekw de Manawan au Québec, de même que des représentants de la nation Nehirowisiwok de Lytton et Spuzzum en Colombie-Britannique ont mis en commun les visées, réalisations, défis et succès de leurs démarches afin d'identifier des pratiques (exemplaires) susceptibles d'aider à la protection et à la valorisation de sites sacrés autochtones. Des collaborateurs externes ont également été invités à partager leurs expériences spécifiques.

Ce site se veut être un guide pratique ancré dans des projets d'action réels impliquant divers moyens et statuts pour assurer la sauvegarde culturelle autochtone.

Des rencontres virtuelles nous ont permis de très riches discussions sur ce que signifient les termes « sites sacrés » ou « lieux sacrés » souvent utilisés par les leaders autochtones pour nommer leur territoire. 

Le contenu de ces discussions fut transcrit et organisé en thématiques par Élisabeth Kaine (Huronne-Wendat) pour constituer un ensemble de définitions regroupant les propos de l'ensemble des trois nations partenaires.

C'est à partir de ce matériel que tous les partenaires​ présents à la rencontre tenue à Uashat mak Mani-Utenam en novembre 2021 ont pu valider, enrichir et organiser les contenus pour en faire un site internet reflétant leur vision commune. Ils ont également, lors de cette même rencontre, défini les aspects visuels et l'esthétique du site. 

En novembre 2021, 3 groupes partenaires autochtones du Canada se sont rencontrés à Uashat mak Mani-Utenam au Québec pour discuter de diverses façons de protéger leurs territoires ancestraux.